Accueil
Mon Projet
Mon Histoire
Les Documents
Les  Vrai Faux
Mes Actions
Expertise
Les Défaults
Les médias
Les Liens
Les Fondations
L'Enduit
Les Placos
Salle de Bain
Chauffage
L'électricité
Baie vitrée
Les extérieurs
Photos Divers
Le Garage

 


Contacter  Flo24
Pb sur le Site

   

Article paru le 09 février 2006 dans

AUBAS. --Non conforme au permis de construire, la nouvelle maison de Florence Menanteau devrait être démolie. Désemparée, la propriétaire veut entamer une grève de la faim

Maison de cauchemars
:Pierre-Manuel Réault

 
 


 
Dépit. « La situation était si désastreuse que j'ai dû faire intervenir un huissier pour dresser un constat », raconte Florence Menanteau
PHOTO P.-M. R.
 
Ce devait être la maison de ses rêves.
Accrochée à flanc de colline, elle aurait dû être enterrée et, recouverte d'une toiture végétale fleurissant aux quatre saisons, épouser le relief pentu dominant la jolie petite agglomération d'Aubas, non loin de Montignac, dans la vallée de la Vézère. Mais la réalité est autre.
C'est finalement un parallélépipède percé de baies vitrées bien différent des plans dessinés pour le permis de construire. Du coup, le maire s'est vu contraint de porter plainte et de demander sa démolition. « Ma maison est un cauchemar », souffle aujourd'hui la propriétaire, Florence Menanteau, désormais embarquée dans une procédure judiciaire.
Son histoire débute en 2002. Alors domiciliée en Indre-et-Loire, Florence Menanteau envisage d'investir dans une habitation de plain-pied adaptée à son handicap. Atteinte d'une maladie orpheline neuro-musculaire, elle peine en effet à marcher. Invalide à 80 % elle doit ainsi régulièrement se déplacer en fauteuil roulant.
Pour se rapprocher d'amis et parce qu'elle apprécie le Périgord, elle opte pour Aubas. « J'ai acheté un terrain et, parce que ne n'y connaissais rien en construction, je me suis rapprochée d'un maître d'oeuvre. Je voulais de la lumière et de l'espace pour circuler facilement en fauteuil. Lui, qui terminait ses études d'architecte, m'a proposé un projet personnalisé. En trois dimensions, en couleurs et sur l'écran de son ordinateur, ça avait vraiment l'air bien. J'ai signé un contrat, pour un montant total de 94 723 euros, et versé un acompte de 20 %. » Erreur.


Constat d'huissier. Le permis de construire est déposé en mairie fin 2002. Florence Menanteau apprendra plus tard qu'il fut remplacé sans son consentement en mars 2003 par un second, non conforme au premier, par le maître d'oeuvre. « Il n'a pas hésité à imiter ma signature, donner son contact téléphonique et indiquer que j'habitais chez lui pour réaliser cette procédure. ».
Le chantier débute en juillet 2003. Mme Menanteau, toujours domiciliée en Indre-et-Loire, doit donc s'appuyer sur le maître d'oeuvre pour suivre son évolution. « Je devais aménager fin septembre, mais rien n'était prêt. Je n'ai finalement pu pu prendre possession de ma maison que le 29 novembre. Ce fut la stupéfaction ! La situation était si désastreuse que j'ai dû faire intervenir un huissier pour dresser un constat. »
Et pour cause, la construction ne ressemblait en rien à l'objet de ses rêves. « Les travaux non terminés à ce jour présentent des malfaçons », a d'ailleurs relevé l'huissier. En vrac, l'implantation n'avait pas été respectée, il manquait de nombreux mètres carrés de surface habitable et la maison n'était pas enterrée.
En outre, l'habitation ne disposait encore ni de chauffage, ni d'eau chaude, ni même de volet ou de porte intérieure. De plus, les plaques de plâtre n'étaient pas toujours fixées sur les rails, le crépi n'existait pas, la largeur des ouvertures était non conforme, il n'y avait pas de VMC, une baie vitrée était cassée et le sol restait nu sur sa chape de béton.
Quant à la consolidation du sous-sol, il n'avait pas été réalisé selon des préconisations du géotechnicien. Liste non exhaustive.


Demande de démolition. Mais le pire était encore à venir. Car fin avril 2005, Florence Menanteau recevait un courrier de la Direction départementale de l'équipement l'informant que son habitation ne pouvait donner lieu à la délivrance d'un certificat de conformité aux motifs de « modification de l'implantation du bâtiment, de son emprise au sol (120 m2 réalisés au lieu de 172) et de l'aspect extérieur (la maison n'est pas enterrée, pas de toiture végétale, modification d'ouvertures) ».
Du coup, le maire d'Aubas, Patrick Gourdon, a dû au nom de l'Etat déposer plainte contre Mme Menanteau. « Cette maison est une calamité, une verrue, je n'appelle d'ailleurs pas ça une maison. Il n'y a pas d'autre solution que de de tour raser. De toute manière, conformément au code de l'urbanisme, je n'ai eu d'autres choix que de demander la démolition ». La malheureuse propriétaire a elle aussi déposé plainte contre le maître d'oeuvre ».
L'affaire est désormais dans les mains de la justice. Mais certaine d'être embarquée pour de longues années de procédure judiciaire, Florence Menanteau est désemparée. « Cette construction était pour moi un projet de vie pour lequel l'erreur n'était pas permise », explique-t-elle, en envisageant désormais d'entamer une grève de la faim.

Le maire d'Aubas : « Cette maison est une calamité, une verrue, je n'appelle d'ailleurs pas ça une maison »